L’argile cellulosique est un mélange de fibre de papier et d’argile. L’apport de cellulose ajouté à la terre offre une certaine souplesse lors des créations : Des pièces plus légères pourront être collées avec plus de facilité qu’avec une argile non cellulosique. On peut coller deux parties sèches ensemble ou travailler sur les parties sèches avec de la terre humide. L’absence de retrait et la résistance exceptionnelle aux chocs thermiques offrent bien des avantages. Sèche et non cuite, l’argile cellulosique est plus solide. Cuite, sa densité plus légère lui fait perdre un peu de solidité. Il est possible de travailler avec des pièces fines particulièrement déformables qui ne se fissureront pas pendant les manipulations ou la cuisson.
Bien qu’une trop grande proportion de chamotte limite la cohésion entre la cellulose et l’argile, toutes les argiles classiques peuvent être utilisées. Pour être rigoureux et vous offrir une solution transmissible, nous ferons abstraction de l’eau sur les volumes à utiliser. (Telle personne fera une barbotine très liquide, telle autre bien moins.) La pesé de papier sec, ainsi que l’argile sèche reproduit avec grande précision un mélange que l’on sait efficace. Avec l’expérience, vous pourrez alors faire abstraction de cette technique de pesée sur produits secs. Vous mélangerez directement la cellulose et l’argile gorgé d’eau. Les terres étant bien différentes, voici quelques proportions qu’il faut prendre du bout des doigts :
| argile | chamotte | cellulose | Résultat |
|---|---|---|---|
| 70% | 10% | 20% | facile à modeler, peu déformable |
| 60% | 10% | 30% | mélange raisonnable |
| 40% | 10% | 50% | délicat à modeler, très élastique |
Coupez en petit morceau et laissez sécher l’argile quelques jours. Quand celle-ci sera sèche, faite une pesée, et recouvrez d’eau. Un mixer industriel pourra vous aider à homogénéiser le tout. Un mixeur ordinaire de cuisine sera bien trop faible pour une production suffisante. Une perceuse couplée à un mélangeur vous évitera de griller votre appareil ménager. [1]
Si la solution la plus simple est de démarcher les papeteries ou les entreprises de recyclages, vous pouvez aussi fabriquer votre cellulose à partir de papier. Le papier utilisé doit se désagréger facilement dans l’eau. Le papier toilette blanc ou le papier journal peu encré sont excellents. Le papier glacé ou les bottins téléphonique ne conviennent pas : Le durcisseur, les kaolins et les brillants déposés en surface de la feuille sont difficiles à diluer. Un premier trempage du papier pendant une journée vous facilitera le broyage. 10 minutes d’ébullition séparera les fibres et les liants à papiers. Le mixer de cuisine industriel terminera la dilution. Utilisez un tissu pour tamiser la pulpe de papier.
Votre mélange d’argile et de cellulose sera impérativement le plus mêlé possible. Un amalgame de cellulose ou un morceau d’argile pur dans le mélange vous conduiront à la casse pendant la cuisson. Le mélange se doit donc d’être très fin et peut être homogénéisé au mixeur.
Le mélange de papier et d’eau se conserve difficilement plus d’un mois. Quelques gouttes de chlore limiteront les odeurs et moisissures. Si vous souhaitez conserver l’argile cellulosique plus longtemps, séchez-le en fine couche. Pour accélérer le séchage, déposez le mélange à la façon d’un mille-feuille entre des linges. Serrez le tout entre deux tablettes d’argile ou de plâtre sec. Déshydraté, l’argile cellulosique peut se conserver éternellement. Suivant besoin vous humidifierez les linges et le mélange pour obtenir une argile cellulosique prête à l’emploi.
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